Contexte historique

Bien que la décennie des années 1920 ait été caractérisée par un essor économique marqué par l’urbanisation, l’enrichissement et la consommation, la prospérité du pays n’était certes pas répartie également. Les gens de la campagne, les fermiers et les ouvriers avaient moins de facilité à subvenir à leurs besoins.

L’agriculture n’était plus la seule activité de subsistance de la population québécoise. Les campagnes se vidaient au profit des villes ou d’un exode vers les États-Unis.

Malgré le fait qu’à cette époque le mode de vie rural ait subi des transformations, à la suite de la mécanisation des opérations agricoles, la campagne demeurait le fief des valeurs traditionnelles. Même si les grandes villes représentaient de nouveaux débouchés pour les produits de la ferme, les activités agricoles demeuraient de petites entreprises familiales.

Quelques années après la Première Guerre mondiale, à la fin des années 1920, le Canada connut une période de récession. Les agriculteurs furent moins touchés par la crise, puisqu’ils étaient capables de produire eux-mêmes de quoi se nourrir. Par contre, le chômage et la chute des prix firent en sorte que de nombreux fermiers furent contraints de pratiquer une agriculture de subsistance.

En ce début du XXe siècle, le clergé occupait une place prépondérante dans la société québécoise, régissant en grande partie les valeurs morales, spirituelles et traditionnelles. Sombrant dans la crise, le Québec s’affaiblit, tant au niveau économique que moral, se voyant abandonné de nouveau. Se sentant incombée d’une responsabilité divine, l’Église veilla à surveiller l’émergence des groupes sectaires et des individus étranges cherchant à profiter de la position de faiblesse de la majorité de la population.

C’est au cœur de ces temps oubliés que se déroule l’action d’Agrippa – Le livre noir.

Les personnages de ce récit fantastique devront composer avec des événements exceptionnels, à une époque de changements où l’Église et la sorcellerie se livraient encore une guerre farouche et secrète.

  • Source : CARDIN, BÉDARD, DEMERS et FORTIN. Le Québec : héritage et projets,
        Montréal, Les Éditions HRW, 1984