Contexte géographique

Au cœur de ce troisième volet de la série Agrippa, le voyage est une fois de plus au rendez-vous pour notre héros, Édouard Laberge. Avant de se lancer dans un nouveau périple par delà l’océan Atlantique, qui le mènera du Pays de Galles à l’Irlande en passant par l’Écosse, l’aventurier arpentera une nouvelle région de la Montérégie riche en histoire : le canton de Hemmingford.

Le canton de Hemmingford et l’église St-Romain

Le canton de Hemmingford existe depuis le 18 mars 1799, selon les documents ratifiés et archivés à Québec. Enclavée entre Ste-Clotilde-de-Châteauguay, le canton de Sherrington et la frontière américaine, Hemmingford fut, à partir du XIXe siècle, un important poste frontalier rattaché au commerce ferroviaire; le chemin de fer reliant Montréal à l’état de New-York traversant le village.

Traversée par le « Circuit agro-touristique du Paysan » , gîte de vignobles et de cidreries, important producteur de pommes, émaillée de boutiques de brocanteurs et d’églises anciennes, Hemmingford reste aujourd’hui une ville accueillante pour le visiteur de passage.

L’église catholique St-Romain vit célébrer sa première messe entre ses murs le soir du 24 décembre 1894. Ce sont des volontaires de la paroisse qui transportèrent les pierres dont elle faite, à partir de Chazy dans l’état de New-York.

Soulignons que l’abbé François-Xavier Goyette dont il est fait mention dans Le puits sacré œuvra à Hemmingford pendant 39 ans.

La Loge Maçonnique N° 72 instituée le 29 avril 1889, et mentionnée dans Le puits sacré, est toujours active aujourd’hui.

Le canton de Hemmingford et l’église St-Romain

L’aéroport de St-Hubert

Situé à St-Hubert, sur la rive-sud du St-Laurent, en banlieue de Montréal, l’endroit est choisi en 1926 par les spécialistes britanniques pour y construire un aérodrome dans le but de développer les routes commerciales aériennes entre les colonies de l’Empire britannique.

Le terrain plat sur une grande surface se prête tout à fait à l’atterrissage des aéroplanes ou à l’amarrage des dirigeables anglais. En même temps, le gouvernement fédéral choisit St-Hubert comme comptoir postal pour le service aérien entre Montréal et les régions.

L’aérodrome devient opérationnel en mai 1928 et on y amorce la construction d’un gigantesque mât d’amarrage pour les dirigeables que la Grande-Bretagne envisage de faire voler sur le monde. En octobre de la même année, St-Hubert devient la base de la première route postale aérienne entre le Canada et les États-Unis.

Tel que relaté dans Le Puits Sacré, le grand dirigeable R-100 s’y amarra en août 1930, consacrant ainsi l’aérodrome comme le plus moderne au monde. Un million de personnes viendront admirer le géant pendant les quelques jours où il sera gardé captif en haut du grand mât.

L’aéroport de St-Hubert

  • Article paru dans un cahier spécial de La Presse en 1984

L’abbaye de Bective (Irlande)

L’abbaye cistercienne de Bective située sur les bords de la Boyne, dans le comté de Meath en Irlande, fut fondée en 1147 par Murdach O’Melaghlin, roi de Meath.
L’abbaye subit plusieurs modifications jusqu’à la fin du XVe siècle pour devenir le monastère le plus puissamment fortifié d’Irlande. Pourtant, au même moment, le nombre de moines vivant à l’abbaye déclina considérablement jusqu’à amener, en 1536, l’abandon complet de l’établissement.

À la suite de cette fermeture, la communauté de moines restante se retira en quelque obscur endroit, qui ne fut jamais identifié. En 1540, une partie de l’abbaye – dont le toit – fut démolie afin de fournir des matériaux pour la reconstruction du moulin du roi à Tryne.

Aujourd’hui, les ruines de l’abbaye, admirablement conservées, semblent dormir au milieu d’un pâturage.

L’abbaye de Bective (Irlande)

Le Manoir Griffith (XIVe siècle)

Du point de vue architectural, le manoir Griffith se situait entre le château féodal et la maison du noble. Construit au début du XIVe siècle, le manoir avait été, à l’origine, entouré de fossés.

Le Manoir Griffith (XIVe siècle)

L’unique entrée était toujours protégée par une porte extérieure posée à angle droit sur le mur de façade (A). Une fois à l’intérieur, le visiteur éventuel se retrouvait dans une salle (B) qui donnait accès à un escalier en colimaçon (C) qui, lui-même montait à l’intérieur d’une tourelle de coin, la grande tour du manoir. De cette première salle, il était donc possible de rejoindre les trois autres pièces qui occupaient le rez-de-chaussée et qui, originalement, n’étaient percées que de meurtrières donnant sur les fossés. Aménagé de cette façon, le rez-de-chaussée n’avait dû servir que de dépôt de provisions ou de refuge en cas d’attaque. C’est le premier étage qui était vraisemblablement destiné à l’habitation, car divisé en cinq salles communiquant toutes par le centre (E), dont quatre équipées de cheminées. De la salle de l’escalier (F), qui se trouvait juste au-dessus de l’entrée, s’ouvrait un mâchicoulis (G) qui permettait de battre et de surveiller la porte d’entrée. Dans cette même salle (F), partait un corridor intra mural percé de meurtrières servant à défendre la façade. De la seconde salle adossée à la façade (H), on accédait à une autre tourelle d’angle (D) où étaient installées les latrines. C’est à la base de cette même tourelle, par la pièce du rez-de-chaussée, que Maitias Griffith entamera sa recherche des souterrains.

Toujours au premier étage, la grande salle festive (K) avec son imposante cheminée de pierre accueillait les fêtes et les réceptions.

Dominant et recouvrant l’ensemble de l’ouvrage, deux combles formés d’autant de toitures, reposaient sur les murs latéraux et sur le mur de refend.
Tout autour, une succession de mâchicoulis ornés de crénelages couronnaient le tout.

Deux échauguettes percées de meurtrières défendaient les angles arrière.
Froid, austère et mal éclairé, le manoir Griffith apparaissait néanmoins comme un véritable exemple d’architecture de défense du XIVe siècle.